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La théorie du slip

La théorie du slip

La vision de ses parents nus n’est pas forcément facile à gérer.
Et pourtant, tous les aidants ou presque passent par là.

La théorie du slip évoque ce moment où, lorsque tombent les sous-vêtements, on doit mettre en place des mécanismes de protection.

Pour éviter le tabou de la nudité, différents “degrés de slip” existent : on en a discuté avec des personnes concernées par la situation, nos Freds, et notre psychologue spécialisé, Bertrand.

 Le slip de bain

 Le conseil d’Elisa ? Se mettre en sous-vêtements quand elle donne le bain à sa tante, pour se mettre sur un pied d’égalité avec l’aidée : “je me mettais en body pour qu’on soit plus à l’aise… Elle était peintre et elle me disait qu’elle me dessinerait bien : ça nous a permis de mettre la pudeur de côté”.

L’avis du slipologue : « Ici, ce qui marche, c’est le clin d’oeil à l’histoire de la tante d’Elisa, qui a fait de la peinture de nus, et se retrouve donc dans une situation connue. La solution est tirée de la relation  – et c’est la grande force des aidants : fournir un accompagnement sur mesure, en fonction de la personne…”.

 Le slip transparent

 Léa ne se considère pas comme pudique. Pas impressionnée par les choses de la vie, elle ne fait pas de chichi : « quand ma mère ne voulait pas se déshabiller, je lui disais que je n’en avais rien à cirer : étant infirmière, j’en ai vu des corps ! ».

L’avis du slipologue : “C’est une manière efficace de mettre à distance la relation, mais c’est compliqué pour beaucoup de traiter le corps de leur parent comme n’importe quel corps. La situation est aussi bizarre pour l’aidant que pour l’aidé, il faut donc un peu de temps pour que les choses se fassent en douceur. » 

 Le slip discret

 Françoise assure à sa grand-mère que non, elle ne voit rien. Même quand elle voit un peu : ma grand-mère était chez nous et nous a dit qu’elle adorerait prendre un bain…Mais qu’elle n’osait pas, car elle avait besoin d’aide. J’ai pris une serviette et je lui ai dit que je ne regardais pas, j’ai détourné les yeux. Je voulais respecter son intimité, quitte à faire semblant de ne pas regarder”.

L’avis du slipologue : « Si c’est vraiment gênant pour l’aidée, autant faire appel à un pro, mais ici cela ressemble à une demande déguisée. Effectivement, il faut toujours respecter la pudeur du parent ».

 L’anti-slip

 Chez Guy, on ne se voit pas nus, c’est comme ça : “c’est comme être terrifié face au sang, ça ne s’explique pas”, nous a-t-il dit. Pour trouver une alternative, il a fait appel à une aide médicale.

L’avis du slipologue : « C’est une situation très naturelle, pourtant certains aidants peuvent culpabiliser parce qu’ils ont le sentiment de ne pas être capables de gérer la situation ! C’est normal, d’ailleurs je me reconnais beaucoup dans ce profil. Par contre, cette option ne marche pas toujours, car certaines situations exigent une réaction : en cas d’incontinence et si le soignant ne passe que dans 2 jours, il faut parfois agir. Donc je conseillerais d’anticiper en se disant que ça peut, un jour, arriver”.

 

Le slip universel

 Elle ne dit rien, mais dans sa tête, ça va à toute allure : ce corps devant moi, marqué par le temps qui passe, ce sera le mien… Et peut-être dans pas si longtemps. Le corps dégradé, forcément, ça marque”, admet Violette.

L’avis du slipologue : « Encore une fois, c’est normal que cette situation soit inconfortable. Dans ce cas, autant s’écouter, écouter la personne et peut-être faire appel à une tierce personne. Le corps dégradé est dur à voir, notamment quand on est aidant aux alentours de 70 ans et qu’on commence à être soi-même moins en forme – ce miroir peut inquiéter. Dans ce cas, mieux vaut extérioriser ses inquiétudes, en abordant le sujet avec l’aidé ou quelqu’un d’autre. Mais finalement, cette réaction se retrouve aussi chez les autres : en faisant intervenir une tierce personne, en détournant le regard, en mettant une distance médicale… On évite aussi cette confrontation.”

 

Pour conclure ?

 

  •  Pour la plupart des gens, voir son parent nu est bouleversant… Et c’est normal.
  • Si la situation est trop gênante pour vous ou pour lui, il faut faire appel à quelqu’un d’autre.
  • Il y a aussi des cas où ça se passe très bien : merci l’humour, le respect du vécu et la pudeur.
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 Et vous, dans tout ça, vous dialoguez comment ?

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